Le village imaginaire itératif

Une méthode de psychothérapie
jeudi 13 septembre 2018
par  ydenis

LE VILLAGE IMAGINAIRE ITÉRATIF [1]

Une méthode de psychothérapie

par Yvonne DENIS [2]

Revue Espaces Libres - avril 2018

Comme l’indique son nom, le Village Itératif est une méthode de psychothérapie qui procède par la proposition faite au sujet de construire un « village », à chaque séance, au moyen du matériel du test du Village Imaginaire de Roger Mucchielli. Chaque production de « village » est introduite par un entretien préliminaire faisant le lien avec les séances précédentes, et suivie ou accompagnée par un entretien centré sur la construction réalisée. De séance en séance se constitue ainsi une série de « villages », dans le cadre d’une situation clinique qui procède spécifiquement par une « langue Village », constituée à la fois par le geste et la métaphore, à partir et à propos des constructions réalisées par le sujet. C’est cette mobilisation du Corps et de l’Espace qui caractérise le processus thérapeutique recherché, selon les principes d’une psychothérapie phénoméno-structurale, et dans une variante originale, du modèle thérapeutique proposé sous ce nom par Roger Mucchielli. [3]

L’analyse diagnostique de la première construction du sujet dans une série de « villages » s’appuie sur le déroulement de la construction (ou « film ») et sur les orientations des éléments repérables par le plan [4], et introduit le principe fondateur de la cure thérapeutique avec le Village Imaginaire. La signification de ces orientations est à la fois de représentation, de trace motrice (pourrait-on même dire « affectivo-motrice » ?) [5], et de support dynamisant. C’est donc à la fois signifiant et générateur, inducteur d’une poursuite dynamique de changement. C’est au point que nous avons pu identifier ces orientations comme des « vecteurs existentiels ». Il semble que c’est là le principe fondamental qui fait que nous avons pu aborder un procédé économique d’analyse pour le premier village. Ce qui ne veut pas dire que la priorité accordée aux orientations doive négliger tout le reste, toute la richesse des renseignements qui vont nous être donnés, comme nous allons le voir.

Les préliminaires et la première construction constituent un premier temps d’essai, qu’on peut appeler « séquence » au sens banal du terme. Par la suite, nous emploierons ce terme dans un sens plus discriminé, plus conceptualisé. Ce temps d’essai, qui va durer quatre ou cinq villages – c’est une norme moyenne, mais cela peut aller jusqu’à six ou sept –, est un essai réciproque du sujet et du thérapeute.

On retrouve ce temps dans toute forme de thérapie : avant de s’engager dans un contrat, on se prend à l’essai l’un l’autre. La différence est qu’avec le Village, la spécificité du matériel témoigne des formes prises par cette interaction, cette interrelation, formes à travers lesquelles se manifeste la disponibilité à changer, à « bouger » dans ce cadre-là. Ce premier temps d’essai est une norme empirique qui nous sert à évaluer les hypothèses soulevées par le premier « village » (V1), la portée de la familiarisation avec le cadre, et la capacité à s’intégrer dans celui-ci en y étant actif, car on peut vouloir s’y intégrer et cependant s’y sentir écrasé, inhibé.

Ce temps de contrat est centré sur un procédé fondamental et économique d’analyse, qui peut paraître fastidieux, mais qui est nécessité par la concentration des informations qui nous sont données et par l’importance de ce que nous allons en décider. On prend le temps ! La suite se déroulera avec une sorte de « vitesse de croisière ». Mais pour le premier village, pour ce premier contact, le thérapeute laisse tout son temps au sujet, comme il se doit aussi de prendre tout son temps pour voir « de quoi il s’agit » et « comment ça se passe ».

Il y a ces éléments de temps d’essai où l’on observe la construction et les modalités de la construction dans le « film ». Mais on doit également considérer des éléments hors-séquence.

Il peut y avoir capacité à construire, à « faire du village » et à en parler. Mais le désir du sujet qui demande une thérapie, ou bien sa forme de pensée, la forme d’adaptation à son quotidien, son décodage personnel, font qu’il a déjà une certaine forme de thérapie en tête, que la forme inattendue du Village Itératif va venir bousculer, interroger, voire contrarier. C’est alors au thérapeute de voir s’il convient ou non de procéder à des préalables pour transformer le langage de cure du sujet en cure-Village. [6]

Est-il bien nécessaire de faire cet effort ? Après tout, le Village n’est pas « la » vérité : il n’existe pas que cela au monde !... Si le sujet est plus à l’aise dans une autre forme de thérapie – psychodrame, psychanalyse, ou autre méthode – , selon sa forme d’esprit et sa propension, c’est cela qu’il faut analyser aussi avec lui, afin de l’orienter vers la forme où il sera d’emblée plus à l’aise, où il n’aura pas à apprendre une langue étrangère. Car, dans le Village, le sujet comme le thérapeute ont à faire un effort pour avoir une langue commune – la « langue Village », pourrait-on dire.

Nous avons aussi des sujets qui font des villages, mais qui ont une telle urgence de thérapie – et là, il faut se méfier, comme dans toute thérapie –, une telle urgence de sortir d’une situation dramatique ou angoissante, qu’ils sont quasiment « suicidaires » dans la rapidité avec laquelle ils font des « villages ». On est alors un peu effaré : c’est trop beau, ça va trop vite !... Attention : ne pas se dire qu’on a là un sujet exemplaire. Là encore c’est le thérapeute qui doit temporiser et peut-être faire prendre conscience au sujet qu’il y a danger. C’est quelquefois le sujet lui-même qui, au bout de quatre ou cinq villages, perçoit que « ça bouge », il ne sait pas comment mais il perçoit des sensations de changement et éprouve le vertige de la déstabilisation. La confiance n’étant pas encore assez établie pour qu’il puisse s’y accrocher et se risquer, il vaut mieux alors arrêter. Parfois c’est le sujet qui prend l’initiative d’arrêter. Dans certains cas, c’est au thérapeute de voir que pour l’instant, cela suffit. Autrement dit, comme dans toutes les thérapies, il suffit quelquefois de toucher un peu le symptôme, de l’améliorer un peu, et puis de s’arrêter là, de ne pas aller plus loin.

Nous avons d’autres cas où il y a vraiment une difficulté à entrer dans la règle du jeu. Je pense à un sujet qui a utilisé le Village absolument comme un M.A.P.S. (Make A Picture Story), le test projectif de Shneidman. Il plantait un décor, un paysage, il y mettait des personnages, et il jouait un psychodrame. C’est intéressant, bien sûr, quand on a la pratique clinique des méthodes projectives. Mais ce n’est plus du Village. On peut faire une psychothérapie comme cela, si l’on se sent apte à continuer. Dans ce cas, le Village est un accessoire qui nous transporte dans un autre cadre thérapeutique.

Citons un autre cas, où il y avait surimpression d’obstacles au Village. Il y avait une trop grande coïncidence : d’une part, avec le refus du corps (au Village, il faut avoir du geste, tout part du corps, d’une façon élémentaire au moins) ; et d’autre part, avec le fait que le lieu-village, c’est-à-dire la petite communauté humaine, interrelationnelle, était pour ce patient le lieu traumatisant de rumeurs et d’accusations publiques, etc. : deux arguments intriqués qui étaient vraiment rédhibitoires d’une « réactivation-Village ».

Le temps d’essai emprunte finalement autant aux cursus thérapeutiques de tous ordres, qu’aux éléments extérieurs, à l’anamnèse, etc. Simplement, nous nous donnons les moyens techniques – répétons-le : économiques, rapides – d’aller droit à l’indication de développement possible par ce moyen-là.

Nous avons des thérapies freudiennes avec des compléments imprévus. Par exemple : nous venons de parler d’un sujet qui rencontrait un obstacle à l’utilisation du Village de par son corps, son image du corps. On peut bénéficier d’un auxiliaire de méthodes corporelles, d’expression corporelle. On s’aperçoit que chez des sujets qui, en même temps, faisaient de l’expression corporelle ou de l’aïkido, etc., il y a un échange entre cadre thérapeutique et vie quotidienne tout à fait cohérent, complémentaire. Contentons-nous ici de le constater.

Ceci est exemplaire de ce que le Village peut produire, entre un lieu dehors qui sert à expérimenter, pour ainsi dire, ou à s’exprimer par la parole et dans le réel du quotidien, et puis ce qui est vécu dans le monde réduit, le « microcosme » du cadre du Village. Ce qui est vécu là, dans la séance, est reformulé par le thérapeute, métaphoriquement. Le sujet entend bien que cela lui correspond, il sent que cela lui dit quelque chose qui lui convient. Mais il ne voit pas encore le rapport entre cette reformulation et sa vie quotidienne. Et puis un jour, peut-être trois semaines ou un mois après, il arrive en disant : « Ah, vous ne savez pas ce qui m’est arrivé dans ma voiture ? J’ai réalisé que... », et très content de sa propre découverte. La prise de conscience semble venir après une sorte de maturation non consciente, comme si le contenu mis en mouvement pendant la séance de Village continuait sa dynamique intérieure, jusqu’à arriver à la conscience à un certain moment – et la parole vient alors l’exprimer.

Dans le temps d’essai, nous prenons simplement le temps très prudent d’analyser tous les éléments qui peuvent entrer dans la future thérapeutique.

Mais ce que l’on va vraiment appeler séquence, sera une certaine forme, spécifique du développement du Village Itératif, et qui va nous servir de repère, à la fois pour voir comment le sujet traite la séance, sa construction, et – chose très intéressante voire sécurisante pour le thérapeute – pour anticiper. Cette construction, en effet, annonce son développement. Essayons de voir selon quels principes cela est possible.

La séquence suit le rythme du sujet. Il faut en étudier deux aspects : d’une part le processus de cure, et d’autre part le traitement des contenus.

Le déroulement de la cure, le processus de cure correspond à un fonctionnement cyclique : un mouvement de mobilisation, suivi d’une boucle de retour sur ce changement. Donc, une sorte de mouvement actif puis passif, réintégrant finalement le changement dans une nouvelle forme. Cette réintégration peut nécessiter davantage de séances que le mouvement de changement, ou inversement : cela dépend du moment de la cure et du sujet.

Le premier village nous apprend le style, le rythme du sujet. De même, après l’expérience de quinze à vingt villages, on peut discerner que, toutes les cinq ou six constructions, se fait un village-synthèse. Pour certains sujets, cela peut être plus long ; pour d’autres, cela peut être plus court (voir figure 1).

Figure 1 : Schéma du processus de cure

Les villages développent successivement des formes, et à un certain moment, il semble qu’il y ait une synthèse, pour une restructuration de tout ce qui a été traité par ensembles et sous-ensembles. Le tout existe toujours, mais on dirait que le sujet, de façon régulière, s’intéresse davantage au développement de telle partie que de telle autre, de tel thème ou de telle forme que de tel(le) autre – pour en refaire un tout. C’est alors que l’on remarque qu’il y a ce que nous avons appelé des pièces « qui tiennent », des thèmes « qui tiennent », et d’autres qui ont disparu.

Prenons le panorama général du déroulement de la cure. A partir du moment où le temps d’essai est terminé, on ne va pas négliger tous les apports qui sont donnés par le langage-Village. On a vu que nous étions attentifs aux mouvements. Mais nous allons être attentifs aussi aux formes ainsi qu’aux contenus, c’est-à-dire les métaphores, les thèmes.

- Mouvement ---> trajets

- Forme ---> structures

- Contenu ---> métaphores

On peut dire que la relation thérapeutique se développe schématiquement en trois étapes (voir ci-après figure 2), correspondant à l’autonomisation du sujet dans l’interaction avec le thérapeute, et qui se traduit par une appropriation progressive de l’espace du plateau, donc par une désappropriation de l’espace du thérapeute (figure 2, temps 1 et 2). En effet, l’espace du thérapeute va progressivement devenir l’espace du sujet, jusqu’à en faire son lieu d’habiter, l’habiter étant analogique de l’incorporation (temps 3). Les différentes thérapies rendent compte de ce processus dans leur langage théorique propre.

Figure 2 : Schéma des « trois plateaux »

On peut dire que le but de l’analyse existentielle, c’est d’établir un moi-en-relation : le Dasein et le Mitsein de Binswanger. Le but est d’arriver au Je : du moi-dépendant-au-moi-thérapeute, à dire « Je ». [7] Tout clinicien peut trouver sa propre traduction, dans son système de repères, de ce qui peut se passer au cours d’une thérapie. De même dans le Village Itératif. Simplement, il faut le traduire en principes cohérents.

D’autre part, et parallèlement, le sujet va se servir différemment des éléments. C’est là que nous allons nous intéresser aux contenus.

Les schémas que je vous propose ne sont pas des principes explicatifs ; ce sont des représentations didactiques et métaphoriques. J’ai emprunté l’image d’une courbe de Gauss inversée pour représenter l’utilisation, par le sujet, des éléments naturels (Eau, Terre, Feu) dans les constructions tout au long de la cure (voir figure 3). C’est un schéma qui rend compte de ce qui est observé au cours du processus thérapeutique à propos des éléments, à propos du figuratif, qui introduira des archétypes, comme nous allons le voir.

Figure 3 : Courbe de Gauss inversée

L’orientation de cette courbe représente le cours et le décours de la cure. Au début, le sujet n’a pas le choix : il utilise le matériel du thérapeute, avec le figuratif, le non-figuratif, les personnages, etc., c’est-à-dire tout le matériel très représentatif du socioculturel. Il faut qu’avec cela il essaie de dire quelque chose de lui. Il fait des constructions socioculturelles, suivant la consigne de départ (« avec ce matériel, construisez un village imaginaire où vous aimeriez habiter ») [8]. Puis, petit à petit, un temps d’apprentissage, de familiarisation avec le matériel, fait qu’il va utiliser des éléments de sens moins étroit, moins figuratifs, de signification moins imposée. Par exemple, il va faire des villages où il n’y a plus de maisons figuratives, où il n’y a plus de commerces, mais il va utiliser des maisons d’habitation : des maisons non figuratives. Le sujet peut même ne représenter qu’une forêt, par exemple : des arbres, des animaux. Le schéma en courbe de Gauss, c’est une courbe idéale ; je ne vous dis pas que c’est cela pour chaque sujet. Mais quand je fais l’analyse moyenne de tous les sujets, je constate quelque chose de cet ordre : une sorte de déboîtement des sens imposés. Déboîtement, comme si les éléments étaient une « boîte à sens », carrefour de plusieurs sens, et que progressivement le sujet allait en « décristalliser » les sens qui lui conviennent et abandonner ceux qu’il s’était laissé imposer.

Si bien qu’on peut observer des ensembles plus dépouillés d’éléments du matériel, et même n’avoir plus de ces éléments. C’est à ce moment-là que la craie et la pâte à modeler sont utilisées. Plus d’éléments du tout ? Si, il y a encore des éléments : les archétypes élémentaux de l’Eau, la Terre, le Feu – et pour les représenter sur le plateau du Village, le sujet requiert ces éléments-là du matériel.

L’eau ? On l’a trouvée au début de la cure, alors comme élément naturel parmi les autres. On a trouvé la rivière, on a trouvé l’eau en tant que trajet dynamique. Mais dans un temps ultérieur de la cure, le sujet s’est délesté des sens proposés ; l’eau se manifeste alors comme élément dominant : la mer, par exemple, des étendues de mer.

Christophe, dont nous citerons le cas plus loin, a représenté la mer. Cet archétype, cosmologique-anthropologique, est à la fois support et moyen de communication.

Il y a la terre, représentée à la craie sur le plateau. Il arrive un moment d’antagonisme – voilà le terme qui va nous intéresser dans le développement des structures – entre eau et terre. Comme si, avec ces éléments archétypaux, représentés simplifiés, se manifestait quelque chose qui va être fondamental dans le fonctionnement du déroulement des villages : l’antagonisme. Une tension va se manifester entre des formes qui s’appellent, qui se nomment par deux éléments : l’eau, la terre – voilà l’antagonisme fondamental, élémentaire, schématique.

Dans le cas de Gaël [9], au dixième village, la mer se trouve devant lui (en Bas-Centre ou BC du plateau) : implicitement, il est dedans. Au cours des villages suivants, il va la situer sur sa gauche, pour en faire sortir en Haut-Droit (HD) une terre : une « terre nouvelle » [10]. Presque tous les sujets emploient ce mot : c’est un « autre continent », une « terre nouvelle ». C’est la découverte d’un autre espace, qu’on va faire sien, qu’on va s’approprier. On « décante » les appartenances pour devenir propriétaire.

Eau, terre sont en antagonisme, créant forcément une résultante. Entre eau et terre, vont apparaître des expressions de feu, représentées à la craie rouge ou par des bois rouges, par exemple.

Toutefois, ne prêtons pas à ces éléments des propriétés en soi, des qualités en soi. Ce n’est ni de l’astrologie ni de l’alchimie. Quand nous parlons de l’eau, de la terre, c’est de la même manière que de la Bergerie, de la Boucherie. Nous retenons de l’eau : la vie, le mouvement. Nous sélectionnons de la terre sa qualité de stabilité ; et de l’archétype du feu, sa qualité de lumière et de chaleur.

- L’eau est... mouvement

- La terre est... stabilité

- Le feu est... fécondant

Selon notre schéma en courbe de Gauss (figure 3), nous situons ces éléments en bas de la courbe. De là, se produit une sorte de remontée, de ré-habitation mais dans l’autre sens de notre schéma (ligne ascendante). Dans le sens descendant de la courbe, le sujet se délestait du non assumé, du socioculturel non assimilé. Après cette « purification », cette traversée du désert – et il est d’ailleurs fréquent d’avoir des représentations de désert à ce moment-là –, il se fait un ré-investissement, mais cette fois par le sujet lui-même.

Cela correspond à cette partie de la cure où le sujet peut dire au thérapeute : « Voyez ce que j’ai fait ! » (cf. figure 2, temps 3). Car il s’est approprié de l’espace, et il introduit son sens à lui dans les éléments qu’il représente. Il y avait un amalgame de sens qui était celui des déterminismes sociaux, éducatifs, culturels, etc. Cet amalgame se dépouille et peut devenir – dans l’idéal, bien sûr – intégration volontaire consciente de son expression, et donc de sa réalité quotidienne. Ainsi, le sujet tend à terminer par un village construit au moyen du matériel du thérapeute, mais en pouvant s’approprier ce matériel, qui est devenu le sien : de l’habitat à l’habité (figure 3, ligne ascendante).

Parfois, le sujet s’arrête avant ce terme avec une interprétation plus large. Il trouve son archétype personnel, et cela peut être un archétype comme : le trésor, ou la pierre philosophale, évoqué et représenté dans les trois dimensions. Car, et ceci est important, à un moment donné dans le processus, il y a acquisition de la troisième dimension. La limite de la représentation plane sur le plateau a été dépassée par le sujet, et il est capable d’inventer un relief, et de « se voir » en troisième dimension. L’espace n’est plus seulement plat, mais se développe en dessous ou en dessus, sans limite pour le sujet.

Quand nous avons établi la courbe de Gauss et que nous avons constaté le dépouillement progressif des facteurs surajoutés ou des qualités surajoutées des éléments, nous avons pensé à enlever la couleur des arbres et nous avons introduit dans le matériel des arbres ronds et des arbres pointus en bois brut, non peint. Nous avons ainsi doublé la quantité des arbres verts par autant d’arbres bruts.

Le sujet trouve ainsi des formes dépouillées pour trouver quelque chose de plus large, de plus général. Cela lui convient encore un temps pour établir la transition avec ce que le matériel ne propose pas : l’eau, la terre, qu’il lui faut inventer. Le sujet peut alors nous dire : « Je n’ai vraiment plus d’idées ».

Après avoir considéré le mouvement et le contenu, considérons les formes.

Les formes vont être appelées « structures », au sens banal de ce terme dans un premier temps. Elles vont signaler des ensembles et des sous-ensembles. On repère ces formes d’ensembles pour observer quel est leur contenu, quel est leur mouvement. Et l’on va constater qu’il y a là, encore, un processus cyclique, qui n’est pas aléatoire. Malgré la variété des sujets, un principe de changement semble se répéter. Appelons-le plaisamment la « valse à trois temps » : 1, 2, 3... 1, 2, 3... Expliquons-nous.

Ce n’est pas par hasard que notre recherche s’est trouvée orientée ainsi. L’analyse existentielle, la psychothérapie phénoméno-structurale selon Roger Mucchielli, préparaient une orientation de notre travail.

Concernant les structures, deux principes nous avaient informée. Le principe de l’analyse phénoméno-structurale : la structure est structurante [11]. Non seulement c’est une configuration, mais elle est porteuse d’un potentiel de changement. Corollairement, la structure étant un ensemble composé de plusieurs facteurs, il suffit de toucher l’un d’eux pour que tout l’ensemble change.

Dans son deuxième ouvrage sur le test du Village Imaginaire [12], Mucchielli expose une conception du psychisme caractérisée par des formes à la fois structurantes et dynamiques, qu’il identifie, dans une perspective phénoménologique, comme un « niveau vécu personnel et affectif ». Je cite :

« L’univers vécu est ‟organisé” par des thèmes. Ce sont des formes, des ‟matrices”, ou des ‟patterns”, qui sont susceptibles de thématiser plusieurs représentations conscientes et de structurer (schématisme) des comportements, objectivement variés dans leurs modes ou dans leurs contenus, mais précisément expressivement analogiques de la forme affectivo-posturale qui les suscite et les anime. » [13]

Ce sont ces formes dynamiques, constitutives de l’Univers-vécu-non-réfléchi du sujet, que la technique du Village actualiserait et permettrait de faire apparaître. Ainsi, nous dit encore Mucchielli, « … nous entendons atteindre une analyse phénoméno-structurale, c’est-à-dire découvrir dans cette approche et à travers elle, des structures de significations, des sous-thèmes et des thèmes, c’est-à-dire des constantes structurales, des Formes matricielles ou organisatrices, constitutives d’un système, modelant la relation Moi-Univers, c’est-à-dire le Moi et son Univers. » [14]

Voilà donc un horizon théorique - nous ne nous y attarderons pas ici [15] -, qui va orienter notre attention sur certaines constructions, et qui tendrait à démontrer une « vie des structures ».

Ce que nous appelons structure va se signifier comme un ensemble composé de quatre critères essentiels :

- une forme : qui va se manifester par un périmètre, et que Mucchielli appelle une forme « vide » lorsqu’elle est sans contenu ;

- un élément-pôle : ce peut être un arbre, ce peut être une maison, ou un animal. C’est le sujet qui dira quel est l’élément polarisant d’un ensemble ou l’élément polarisé par un ensemble (cela peut être un élément-pôle par force centripète ou par force centrifuge, ce qui suppose de parler de tension).

- un contenu : la structure n’est pas une forme vide, elle prend son contenu, c’est-à-dire une signification transitoire. Cela peut être des arbres, cela peut être des animaux... Par exemple, une structure « Ferme », avec la Bergerie, les animaux, etc.

S’il n’y avait que ces trois facteurs, nous n’aurions qu’une structure statique, cela ne pourrait pas encore changer. Sans un trajet, porteur de mouvement, la structure ne peut pas changer.

Nous voyons qu’une structure, dans un petit ensemble et même un sous-ensemble, présente ces mêmes caractéristiques.

Mais alors, que devient la structure : comment se constitue-t-elle, comment arrive-t-elle à constituer ses quatre déterminants, et que se passe-t-il une fois qu’ils sont réunis ? Est-ce qu’elle s’arrête là ? Non. La structure, par sa capacité de changement, va se trouver en antagonisme avec une autre structure. D’où une tension conflictuelle. Entre les deux, va apparaître un espace, qu’on va appeler « espace latent » ; comme résultante du conflit des forces des deux structures, de leur antagonisme, va naître une troisième structure (voir figure 4). C’est le moment du village-synthèse (cf. figure 1).

Figure 4 : Schéma de la « méiose » des structures

Tout le développement se fait d’un ensemble qui cherche à se compléter, puis d’un autre ensemble qui cherche lui aussi à se compléter pour établir le rapport de forces ; enfin, une troisième structure se constitue – 1, 2, 3 et le cycle est terminé... et ça recommence. Ce cycle-là va se répéter tout au long de la cure.

Examinons des documents qui vont nous permettre de mieux saisir, dans le concret, cette idée. [16]

Les premiers villages de Béatrice sont un cas exemplaire de démonstration. Il s’agit d’un sujet âgé de 35 ans. Quand elle est arrivée en thérapie, Béatrice était « automatisée », parfaitement efficace pour tout ce qu’on lui faisait faire. Elle disait d’ailleurs : « Je n’existe pas ».

Figure 5 - Béatrice, plan Village 1
Figure 5 (suite) Béatrice, Village 1

Dans son premier village (BSI 1, figure 5), on peut voir une structure d’ensemble qui forme comme un fer à cheval, à gauche. Segalen [17], qui a lui aussi utilisé le Village en psychothérapie, a accumulé une série de villages de psychotiques, d’obsessionnels, etc. Il désigne le fer à cheval comme structure de l’hypocondrie. En l’occurrence, il ne s’agirait pas de l’hypocondrie du sujet, mais de celle de sa mère. Béatrice semblait être une émanation de sa mère, dont l’hypocondrie l’empêchait d’exister.

Autour de cette première forme, nous apercevons toute une partie vivante, végétale, avec la Bergerie et le Lavoir à côté, qui semble être comme une excroissance de cette structure centrale. Le centre du village est un peu vide. Mais il y a quand même un arbre, et nous remarquerons que les divers éléments adoptent plusieurs directions : horizontales et obliques ; il y a des personnages, des animaux, et un matériel varié.

Nous avons donc ici les directions, les supports du « coefficient de vie » (nous empruntons ici une notion proposée pour le Rorschach par Myriam Orr) [18] : végétaux, animaux, personnages. A priori, on peut tenter l’aventure. Voyons comment les deuxième et troisième villages vont poursuivre.

Figure 6 : Béatrice, Plan Village 2
Figure 6 (suite) : Béatrice, Plan Village 2

Dans le deuxième (BSI 2, figure 6), on retrouve la forme en fer à cheval, mais cette fois ouverte ! Elle était fermée, et maintenant elle prend beaucoup plus d’espace, elle s’est élargie ; elle s’ouvre vers la droite, c’est-à-dire en direction de la thérapeute. [19] Nous avons un petit bout de rivière. Il y a donc de l’eau, mais nous remarquons qu’elle part d’un pont et s’arrête à un pont. Un segment d’eau courante, limité, qui ne peut pas s’écouler actuellement. Ce qui est intéressant, c’est que l’eau est représentée par un frottis à la craie : traduction graphique d’une capacité d’investissement affectivo-moteur, ce qui est aussi un bon élément pronostique.

Toujours dans ce village n°2, il y a des ponts à droite (CD), et dans le commentaire Béatrice nous dit que vers la droite il y a « un terrain de sports ».

Nous voyons aussi qu’il y a un passage à droite, vers ce terrain, mais limité : on n’y accède que par deux ponts. On remarque aussi, par deux arbres ronds encadrant l’un des ponts, qu’une végétalité est associée au mouvement.

Dans le premier village, nous avions deux formes contradictoires qui s’enfermaient l’une l’autre. Voilà que maintenant les deux formes vont s’ouvrir et s’orienter. Le deuxième village constitue ce que nous allons appeler l’expansion : la structure qui était amalgamée se « décristallise » et s’oriente, en prenant davantage d’espace. Expansion pour se discriminer, pour mieux discriminer ses éléments et s’orienter vers un plus grand déploiement.

Examinons à présent le village n°3 (BSI 3, figure 8) : il s’inverse.

Figure 7 : Béatrice, Village 3
Figure 7 (Suite) Béatrice, Village 3

En BSI 2, il y avait un terrain vers la droite ; en BSI 3, c’est « la mer », sur le côté gauche (ce qui apparaît en haut et en bas, à gauche, figure la mer). Nous constatons aussi une structure centrale polarisée par l’Eglise, et deux trajets : l’un qui va vers la mer, l’autre qui s’en va vers... quelle structure ? Est-ce le trajet de la Gare (en BD) ? – Ce serait plutôt vers l’ensemble à droite, où il y a des croix (CD). Avec des bois, Béatrice a représenté des croix : « c’est un cimetière », dit-elle.

Deux trajets se manifestent, l’un avec des arbres pointus (HD), l’autre avec des arbres ronds (BC). Les antagonismes, les différences se mettent en place par les formes et par les éléments qui les désignent. Il y a antagonisme – et Béatrice fait le commentaire suivant : entre ce lieu de cimetière mort et ce lieu vivant du « port », à gauche, où arrivent les « bateaux », où il y a des « pêcheries », « d’où l’on part », etc. Elle crée l’antagonisme entre ces deux structures.

« Sa maison » est à la fois du côté du cimetière (BSI 3, en CD/HD) et dans le cercle central. Cette maison est ambivalente : une façade vers le centre (l’Eglise) et l’autre vers le cimetière, tout en faisant partie du centre.

La thérapeute, à ce moment, remarquant cette antinomie et les trajets annoncés, propose : « Que se passe-t-il entre le cimetière et le port ? » - intervention pour introduire un lien entre ces deux espaces. Par l’antagonisme, il y avait rupture ; par la parole, la thérapeute invite à une liaison possible.

A propos de ce troisième village, Béatrice se dit très contente, car elle a pu mettre de l’eau et le port. « Enfin !... » Elle a construit (en C) « l’abbaye du Mont Saint-Michel » et elle dit : « C’est une halte pour ceux d’en bas qui travaillent » – une espèce d’échappée par le haut ? – « mais il n’y a pas d’accès. Ah, je vais en faire un !  » - et c’est alors qu’elle fait un accès, en C-BD.

Elle continue : « La vue sur l’océan est sans obstacle (l’expansion)... On essaie de voir ce large horizon, mais… j’ai l’impression de vertige, de vide, d’immensité sans repère... C’est épouvantable, ce n’est pas vivable. »

Béatrice parle alors du cimetière : « Il faut mourir pour avancer, il faut qu’il soit mort ! Il ne faut pas traîner son passé. » –clichés moralisants et de fausse mystique chez ce sujet.

L’hôpital, au milieu du cimetière : « On y soigne les gens de son mieux, mais ils meurent, il en reste de moins en moins. Finalement, c’est un coin mort. Un grand cimetière conviendrait mieux... Mais il y aurait encore des gens. » La thérapeute propose : « Mettez-les ». Alors Béatrice : « L’infirmière, le curé pour les derniers sacrements, le “petit vieux”... Le pauvre ! tout seul assis sur son banc... Il y a tout de même la fermière [en BD] qui va porter et vendre de la nourriture là-bas [vers le port]. »

Le port, à gauche : « Tiens, c’est drôle !... Je ne vois plus les deux eaux qui se joignent [CG]... Je ne vois plus comment. » Et puis : « C’est finalement le seul coin où il y a des gens qui vivent. »

Voilà un antagonisme : entre les gens qui meurent et les gens qui vivent.

La thérapeute dit : « Mais il n’y a personne. » Béatrice : « C’est pourtant vrai !... Mais pourtant il y a des foules... On ne les voit pas, ils sont à l’intérieur. Ils travaillent. » Nous remarquons la potentialité des foules qui seront là, dans un coin de vie.

Ce coin est aussi au plus loin de la thérapeute, en CG. Béatrice a inversé la construction précédente pour situer l’expansion en CG. Dans un premier temps (BSI 2 en CD), le terrain de sports est le cadre thérapeutique : d’accord, j’acquiesce, je joue ; et puis au troisième village (BSI 3) : oui, je joue, mais dans mon espace, loin de vous – et de votre côté (à droite), je dépose tout ce qui est mort, tout ce qui m’empêche d’exister.

Il y a déplacement de la fermière, depuis le cimetière jusqu’au port. Il y aura une abréaction, au bout de plusieurs villages, avec cette fermière. L’élément-Fermière sert bien d’habitude en tant que fermière ; mais Béatrice l’a perçue comme fermière avec un panier contenant « un canard », et elle s’identifiera, plus tard, au canard qui est dans le panier, et non à la fermière !

Examinons à présent un autre extrait de la suite des villages de Béatrice (BSI 11, 12, 13, 14, voir figure 8).

Figure 8 : Village 11 Béatrice
Figure 8 : Village 12 Béatrice
Figure 8 : Village 13, Béatrice
Figure N° 8 : Village 14, Béatrice

Nous avons dans un premier temps une étendue dans l’espace, que nous avons appelée l’expansion. Nous allons voir maintenant qu’il se constitue des sous-ensembles.

En BSI 11, une rivière, qui va de BG à HD, en orientation oblique. Il y a en HD une structure, puisqu’il y a un contenu (un frottis à la craie), une forme, un pôle. Il y a toute la partie gauche du fleuve avec des maisons figuratives, qui constitue une structure (S1) ; et toute la partie droite avec des maisons non figuratives, qui en constitue une autre (S2). Que celle de BG avec l’Eglise (S3) appartienne à celle d’en haut (S3’), nous ne pouvons l’affirmer ; nous en proposons simplement l’hypothèse, car elles sont reliées par un même trajet, qui est le fleuve. Ce sont peut-être deux structures antagonistes, ce sont peut-être deux structures complémentaires, mais en tous les cas elles sont reliées.

Remarquons au passage que la rivière de Béatrice existe comme tracé, mais n’existe pas comme contenu (il s’agit d’une simple ligne). C’est ce que nous appelons un tracé abstrait : c’est l’idée de rivière.

En BSI 12, nous remarquons une petite île au milieu d’un étang, qui polarise une structure en HG (S4). Les structures S4 et S5 forment deux ensembles. Tout cela semble dynamisé par les trajets-eau, qui ne sont toujours qu’un tracé, un seul trait. Cela n’a pas encore de contenu, de participation affectivo-motrice : c’est une idée, une trace, un projet de dynamisme.

Pour nous, ce qui se produit en BSI 13 fait signe d’un déclenchement. En haut, le trajet-fleuve, trajet aquatique, se partage en deux ; une partie aboutit au Moulin (HC), et l’autre à l’ensemble (S6) où l’on a de l’eau (frottis bleu) entourée d’arbres pointus. On a la forme d’arbres pointus ; le trajet par les tracés d’eau ; et cet espace en frottis bleu, qui n’a pas de pôle. La structure n’est pas encore complète. L’autre ensemble (S7), dont le Moulin est le pôle, a un trajet, mais n’a pas de forme ; cette structure n’est pas complète non plus. Mais on peut s’attendre à un antagonisme entre ces deux ensembles-là.

La structure-village, structure sociale, se retrouve en BG (S8), et nous y trouvons de nouveau cette forme en fer à cheval qui perdure. Au premier village, nous avions déjà cette forme deux fois, les deux formes s’emboîtant l’une dans l’autre ; nous les retrouvons ici. Quand on retrouve ainsi une forme originelle, on peut penser qu’elle annonce un village-synthèse.

En BSI 14 se constituent des ensembles et la partie eau de BSI 12 se retrouve en HD. Autour du Moulin (en HG), il y a aussi de l’eau. Ainsi, Béatrice distribue des espaces d’eau dans trois structures :

- en bas (BD), avec des arbres pointus à côté et un trajet d’arbres ronds (BD-BC), la structure est complète ; le pôle en est le banc : « on s’y assoit, on regarde le paysage ». Et Béatrice dit alors : « Ah, mais c’est vous qui êtes à côté de moi, là ! ».

- en HG, à côté du Moulin et avec les arbres ronds ;

- en HD avec des arbres pointus.

Nous avons maintenant suffisamment d’éléments pouvant constituer, chez Béatrice, un pronostic d’évolution.

Cette analyse d’une série de « villages », qui se confirmera par d’autres cas, nous donne à percevoir l’organisation progressives des structures et les conditions de leur mobilisation dans le Village Itératif.

Nous allons maintenant passer à la « bande dessinée » du développement avec les villages de Christophe.

Christophe présentait une inhibition de plus en plus gênante, un dépouillement tel de la parole, par recherche d’absolu, au point de ne plus pouvoir s’exprimer spontanément.

Examinons le plan de Vt, c’est-à-dire le village-test (figure 9). A gauche du schéma, nous avons le plan de la construction du sujet, et à droite un essai de structuration, de compréhension.

Figure 9 : Christophe, Plan du Village-test
Figure 9 : Christophe, Village test, structuration

Le village-test de Christophe est une forme ovale, avec deux arbres ronds dans une périphérie d’arbres pointus, un arbre rond au centre. Christophe va dire que cette forme centrale est « une abbaye ». La structure fondamentale qu’il nous donne là, cette forme, est composée d’une périphérie d’arbres, avec un élément-pôle : un arbre rond, dont il nous dit que c’est « l’autel » de l’abbaye. Sur le second schéma d’analyse de ce Vt, le pointillé indique une potentialité, car deux ponts signalent ce que nous allons appeler un espace-trajet (HG ↔BD), c’est-à-dire un espace-pour-faire ce qui n’est pas représenté, mais qui est annoncé comme une rivière par les deux éléments construits que sont les ponts. Ce sont les signes pouvant précéder une rivière, donc indicateurs d’un dynamisme potentiel.

Le long de cet espace-trajet aquatique, nous avons une ligne d’arbres en continu, construite de HG à BD, qui semble doubler ce trajet virtuel. Autrement dit, là encore, comme pour « l’abbaye », la représentation est réalisée par les arbres.

Dans l’autre sens (BG ↔ HD), il y a également orientation d’un trajet, depuis les deux arbres pointus en BG jusqu’à deux autres à l’orée de HD, avec un mur entre les deux. Il y a donc bien un trajet potentiel (BG → HD) qui est oblique ; cette oblique croise celle de la rivière (CG ↔ BD), mais elle bute contre un obstacle (le mur en HD) : elle ne pourra pas aller plus loin.

Quels sont les objets construits que Christophe utilise du matériel Village ? Ce sont les ponts, lieux de passage, et un mur. Le conflit s’annonce entre potentialité de mouvement et obstacle à celui-ci.

Nous pouvons aussi remarquer que Christophe utilise les deux formes d’arbres : pointus et ronds. Nous retenons l’antagonisme des deux, utilisés en complémentarité : pointu et rond, archétypes fondamentaux. Qu’ils soient porteurs de végétalité, c’est un plus. Mais c’est la forme – pointu et rond – qui nous intéresse ici. Nous allons voir que tout est tellement décanté chez Christophe que tout va se jouer, dans ses « villages », entre formes : pointu et rond, angulaire et circulaire. Ce que nous repérons ici, ce sont les tensions, le dynamisme en puissance, entre ces deux types de formes.

Dans ce village-test, Christophe avait « tout dit », et il ressentait qu’il ne pouvait faire plus sans danger pour lui. Nous avons donc continué la psychothérapie par le moyen du Rêve-Eveillé-Dirigé (le R.E.D. de Robert Desoille). C’est ainsi que Christophe a retrouvé la sensation intériorisée du corps par l’oralité, notamment au cours d’un rêve-éveillé où il trouvait au sommet d’une montagne un edelweiss, qu’il cueillait pour le manger.

Figure 10 : Christophe, Plan du Village 1 (V1)
Figure 10 : Christophe, Village 1 (V1) - Structures

Un an après, nous avons le village n° 1 (V1, figure 10). Christophe est debout devant le plateau et trace le trajet d’un fleuve (BC → HC) : une sinuosité verticale, dont la « source » est tracée en BC, puis des affluents latéraux. Lors du commentaire, il est debout et mime « une montagne », d’où une source « descend comme un torrent ». On remarque cependant que dans sa réalisation, il y a un petit espace entre le bord BC du plateau et la source : un hiatus entre ce qu’il veut dire et ce qu’il espère, entre ce qu’il ressent peut-être comme devenir et ce qu’il fait. La représentation qu’il fait n’est qu’un simple tracé à la craie : il évoque de l’eau, mais « ne se mouille pas » avec, pourrait-on dire. Ce qui est intéressant ici, c’est l’irrigation de tout l’espace ; tout l’espace est occupé : il y a expansion.

Un an après le village-test, on retrouve dans ce V1 la même petite forme ovale, la même forme nodale qui est toujours « l’abbaye ». Mais si l’on regarde le partage des zones, on constate pour l’ovale qu’il y a un trajet d’arbres ronds construit de CD à BC : double alignement d’arbres où un animal est dirigé vers le centre. Une voie est tracée. Dans un second temps de construction, Christophe commence à séparer son espace par une ligne d’arbres tout en Haut du plateau (HG-HC-HD) : nous avons deux arbres ronds, un arbre pointu, deux arbres ronds, et au-delà « c’est la jungle », nous dit-il, où il met des animaux sauvages. Voilà le conflit entre le sauvage et le socialisé, tout comme entre le pointu et le rond.

Introduisons ici une remarque à propos de la comparaison entre Vt et V1. On constate empiriquement que, si entre deux « villages » est introduite une autre forme de thérapie, cela ne change rien à l’évolution du Village. Le Village a sa propre suite, c’est un discours qui se poursuit dans la même langue. L’autre forme de thérapie (en l’occurrence le R.E.D.) n’a pas d’influence sur le Village ; elle en a une sur un autre mode d’approche de la vie du sujet, mais cela ne se traduit pas en langage Village.

Mireille Monod l’avait d’ailleurs noté. [20] Elle a voulu utiliser le Village en test et re‑test. Elle administre le test du Village à un enfant, puis procède à une psychanalyse par le jeu. Elle propose de nouveau le Village et elle compare. Elle constate que cela ne rend pas compte du travail de psychanalyse par le jeu, de la progression qu’elle y avait constatée. Le second village rend compte du premier mais pas de la psychanalyse, sinon par une certaine expansion de l’espace du « village ». Mais les thèmes et les formes n’ont pas changé.

En raison de ses impératifs personnels, Christophe construisait un « village » chaque jour, par sessions de dix jours. Il ressentait, au 9ème ou 10ème jour, qu’il avait accompli un cycle.

C’est le premier cycle des dix villages, de V1 à V10, que nous allons étudier.

Figure 11 : Christophe, Village 2 (V2)
Figure 11 : Christophe, Village 2 (V2) - Structures

En V2 (figure 11), l’orientation diagonale s’affirme. C’est « un fleuve » qui prend sa source en BG et qui va jusqu’à son terme en HD, où l’on retrouve, entre deux arbres pointus, un élément construit : un pont, à la place du mur de V1. En suivant la ligne des éléments figuratifs, on décrit un cercle en C-HD. Si l’on suit la ligne des arbres pointus de « la forêt », on repère un triangle C-BG, un triangle pointu contenant des arbres pointus – alors que les éléments socioculturels composent la forme circulaire. Cette fois, nous avons là l’élément-Eglise, avec la tour légèrement décalée à côté. C’est une structure ronde, polarisée par l’Eglise. Au-delà de celle-ci, une troisième structure s’annonce par les arbres pointus et le pont. Le tout est relié par le trajet dynamique du fleuve qui les traverse, faisant le lien.

Nous avons donc deux structures qui sont complètes :

- la structure pointue (S1) : la forêt a un pôle avec « la petite cabane d’un ermite » (BC-BG), un contenu et une forme ; elle a un trajet avec l’eau qui la traverse ;

- une structure ronde (S2) : elle a une forme, un contenu, un pôle (l’Eglise) et un trajet.

Le trajet qui traverse ces deux structures et les relie, arrive à une annonce d’une future structure : le pont entre les deux arbres en HD.

Nous sommes au temps 2 de la « valse à trois temps », avec l’annonce du temps 3.

Figure 12 : Christophe, Village 3 (V3), Plan
Figure 12 : Christophe, Village 3 (V3), Structures

En V3 (figure 12), on assiste à un développement exclusif de la forme ronde en deux structures S4 et S5. Pour la première, on remarque l’Eglise au centre comme pôle, des maisons et des arbres autour. L’ensemble est concentrique, avec des arbres ronds et des arbres pointus. La seconde structure (S5), plus petite, en HD, est limitée par une alternance de murs et d’arbres pointus. On y retrouve « une cabane d’ermite » (comme en V2), une source vivante comme pôle, et de cette source, part dans les deux directions, gauche et droite, un trajet aquatique orienté dans deux directions opposées – ambivalentes ?

Figure 13 : Christophe, Village 4 (V4) - Plan
Figure 13 : Christophe, Village 4 (V4) - Structures

En V4 (figure 13), Christophe exprime qu’il manque d’espace. Nous lui proposons un second plateau, placé à droite du premier. Il peut alors jouer l’expansion.

Nous avons le trajet aquatique qui prend sa source en BD du plateau de gauche et qui fait une large boucle pour redescendre en diagonale, vers BD du plateau de droite. C’est donc bien encore un lien et un trajet dynamisant, qui va relier et innerver la forme ovale (S7) du second plateau. La forme ronde S6 (sur le premier plateau) est constituée par les éléments non figuratifs, « la forêt », avec un pôle inattendu : un pont, celui-là même que nous avions vu en V2 (en HD). Nous avons là un ensemble nodal, avec des murs et ce pont en plein centre, qui polarise cette grande structure circulaire S6, alors que tous les éléments figuratifs sont réservés à l’ovale S7 du second plateau.

Entre les deux, un espace latent (Sx), laissé par les deux structures antagonistes S6 et S7. Les structures S4 et S5 (V3) s’étant développées, se sont séparées et éloignées l’une de l’autre : l’espace potentiel de leur résultante, qui a ainsi son espace préparé. Il y a un trajet, des formes, un pôle : tout est prêt pour engendrer une nouvelle structure, qui va apparaître en V5 (figure 14).

Figure 14 : Christophe, Village 5 (V5) - Structures

Toujours deux plateaux. Au centre, entre les deux plateaux, « une source » marquée par une petite croix tracée à la craie ; on reconnaît la source qui était en V3 (HD). Tous les arbres pointus sont à gauche, tous les arbres ronds sont à droite. Au centre, deux cercles concentriques d’arbres pointus autour de la source, et un troisième cercle, d’arbres ronds. Nous sommes toujours dans le conflit entre rond et pointu. Nous avons là un village-synthèse, qui correspond à une résultante d’antagonismes.

Il apparaît une autre structure, comme après toute synthèse. C’est la petite structure ronde (en HC du premier plateau) : « une ferme » (Bergerie) avec des animaux. Christophe va y dessiner « une mare » pendant le commentaire [21]. Il a d’abord représenté deux zones d’eau : l’eau de la source et l’eau de la ferme, qu’il a effacée pour la remplacer par une eau morte : la mare. Nous avions déjà remarqué deux courants d’eau en V3 (HD).

On retrouve en BD (deuxième plateau) le petit trajet, que l’on avait en V1, également en BD.

V5 est bien un village-synthèse : on y retrouve des éléments des deux structures antérieures S6 et S7 (V4), dans un rassemblement des thèmes principaux.

Figure 15 : Christophe, Village 6 (V6) - Plan
Figure 15 : Christophe, Village 6 (V6) - Structures

En V6 (figure 15), Christophe utilise tout l’espace disponible, toujours sur deux plateaux.

Cette fois, tous les arbres pointus sont autour de « la source » au centre (comme en V3) et les arbres ronds sont plus loin. En V5, ils étaient répartis entre gauche et droite ; ils se trouvent ici centralisés par la source (pôle) : quatre cercles concentriques d’arbres ronds à la périphérie, autour de quatre cercles concentriques d’arbres pointus, plus près de la source centrale. C’est une forme angulaire, et Christophe nous a précédemment signifié que la forme pointue était pour lui plus contrôlée. Et Christophe commence à utiliser des bois rouges : l’annonce du feu, de la chaleur, de la lumière. Nous en verrons la réalisation en V7.

Figure 16 : Christophe, Village 7 (V7) - Plan
Figure 16 : Christophe, Village 7 (V7) - Structures

Après le tourbillon de V6, on retrouve en V7 (figure 16) la diagonale BG-HD, cette fois très étoffée avec un contenu : l’eau (« un fleuve » avec « une île » en HC) est bordée d’arbres ronds. Ce village n° 7 est une construction sur un seul plateau en raison d’une contrainte extérieure imposée à Christophe. Il nous a demandé de conserver sa construction jusqu’à la séance suivante. Le lendemain, Christophe a voulu continuer. Un second plateau a été ajouté, correspondant au V8 (figure 18). Remarquons qu’il pensait compléter sa construction de V7, mais que la structure, en fait, est dynamique.

Figure 17 : Christophe, Village 8 (V8) - Plan
Figure 17 : Christophe, Village 8 (V8) - Structures

L’île faite en V7 dans le fleuve avait été frottée à la craie verte, avec deux ponts (bois bruts) de part et d’autre pour rejoindre les berges, et une petite cabane, celle de « l’ermite ». Il ne s’agit pas ici de l’île comme apparition d’une terre nouvelle, mais d’une fausse île [22], car c’est toujours le noyau originel du village-test Vt. En V8, cette île devient en effet dynamique et se transforme en « train de péniches » ! Elle devient des bateaux. L’île est en train de se décristalliser, de se « désamalgamer », et se met en mouvement. Sur la première péniche, il y a l’élément-Petite fille, dont Christophe dit : « C’est la petite Espérance », en se référant à Charles Péguy.

En V8 le mouvement domine, et Christophe dit, à propos du fleuve, « on traverse le paysage ».

Nous voyons que V7 et V8 réalisent la mise en forme du dynamisme qui surgissait en V6 : il prend forme et se thématise. Cette forme est renforcée de chaque côté par les lignes d’arbres ronds de V7, et ensuite par des arbres pointus (CD-BD de V8). Nous remarquons de nouveau cette alternance entre arbres ronds et arbres pointus. Christophe chercherait-il une résultante entre ces deux formes ?

D’ailleurs, on retrouvera en V9 arbres ronds / arbres pointus, mais selon l’autre diagonale : Christophe a jusqu’ici travaillé la diagonale BG → HD, et maintenant il va travailler cette orientation oblique dans l’autre sens, de HG à BD.

Figure 18 : Christophe, Village 9 (V9) - Plan
Figure 18 : Christophe, Village 9 (V9) - Structures

Une direction étant établie, formalisée, sédimentée si l’on peut dire, l’autre va se développer. Toute l’appropriation de l’espace se fait successivement dans toutes les orientations et toutes les directions. En V9, dans le confluent de HG, Christophe désigne la « vieille paroisse », le « vieux curé ». Nous avons là une mise en marche de la conquête d’un nouveau continent. Nous n’avons pas l’archétype de la mer, mais nous avons le mouvement générateur, au travers du caractère d’eau vive des montagnes (cf. V1).

Le village n° 9 (figure 19), comme V2, est un village-synthèse ; on y trouve aussi une inversion des orientations.

Nous avons, avec le cas Christophe, une illustration exemplaire de ce que nous appelons la « vie structurale », en trois temps : antagonisme de deux structures, espace latent pour en produire une troisième, passage à un nouveau temps d’orientation, de prise d’espace, et ainsi de suite. Ceci n’est jamais achevé. C’est ce travail cyclique qui se fait par le Village, dont nous avons là un exemple très clair de déroulement.

Christophe a retrouvé la parole, l’échange dans la parole, ce qui lui a permis d’avancer des expériences.

Terminons par quelques remarques sur les modes d’intervention du thérapeute dans la méthode du Village Itératif.

Par exemple, pour Christophe, la proposition d’un second plateau. Autre forme d’intervention : la technique de la reformulation selon Carl Rogers [23], par métaphores, en disant : « Vous dites que... », pour arriver parfois à formuler le schème, à dégager l’essentiel de ce qui est en train de se dire, et que le sujet va alors pouvoir représenter.

Pour Béatrice, au contraire, qui n’avait pas de ressenti corporel et de geste d’expression corporel mais pouvait commenter ses constructions, bien qu’en discours convenu, nous avons saisi des éléments de son langage pour lui dire : « Faites-le ! Pourriez-vous le représenter ?... » Par exemple, quand elle a parlé de la « fermière » dans son V3, nous lui avons demandé de la poser sur le plateau. Alors elle a pris cette fermière et lui a fait parcourir le plateau de CD en CG, depuis le « cimetière » jusqu’au « port ».

Remarquons aussi les réactions du sujet aux erreurs du thérapeute lorsqu’il précède ou retarde le rythme du sujet. Pour Gaël par exemple, lors d’un de ses « villages » [24], nous lui avons demandé de procéder à un changement dans sa construction. Il s’est contraint à le réaliser, alors qu’il avait besoin d’incitation et de soutien pour développer la zone la plus essentielle, à ce moment-là, de sa construction. Gaël en a été très frustré et a manifesté une réaction somatique par le retour de ses symptômes initiaux. Il nous a téléphoné en disant qu’il devait certainement y avoir quelque chose en rapport avec le Village, mais qu’il ne savait pas quoi. Nous avions stimulé un premier changement qui n’était pas l’essentiel pour lui, un changement accessoire, et bien qu’il n’en fût pas conscient, il ressentait qu’il y avait autre chose à faire pour aller jusqu’au bout de cette séance-là. Or, nous l’avions arrêté. A la séance suivante, nous avons dû intervenir sous la forme d’un psychodrame joué sur le plateau du Village au moyen d’un élément (Gaël a choisi l’élément-Fermière), pour qu’il puisse retrouver son développement de construction de « villages ».

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https://espaces-libres.eu/spip.php?...

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  • Mucchielli R. (1967). Analyse existentielle et psychothérapie phénoméno-structurale, Bruxelles, éd. Charles Dessart.
  • Mucchielli R. (1976). Le test du Village Imaginaire, Issy-les-Moulineaux, E.A.P.
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[1- Exposé présenté lors d’un séminaire de formation de l’Association pour la Recherche en Psychothérapie Existentielle par le Jeu (ARPEJ). Avec l’accord de l’auteur, le comité de rédaction d’Espaces Libres a choisi de conserver le style oral du propos, complété par quelques notes et une bibliographie.

[2- Psychologue-psychothérapeute, docteur en psychologie, maître de conférences en psychologie, vice-présidente de l’ARPEJ. Auteur de : Le Village Itératif. Une méthode de psychothérapie, Saint-Suliac (France), éd. Yellow Concept, 2015.

[3- Mucchielli R. (1967). Analyse existentielle et psychothérapie phénoméno-structurale, Bruxelles, éd. Charles Dessart.

[4- Pour les aspects techniques, voir : Bouchard & al. (1985, 1992, 1998) ; Coudray, Oriot (1986).

[5- Cf. la notion de « schème affectivo-moteur », in : Mucchielli, R. (1960). Le jeu du Monde et le test du Village Imaginaire. Les mécanismes de l’expression dans les techniques dites projectives, Paris, P.U.F., p. 157-161

[6- Voir : Denis, Oriot (1987) ; Denis (1988, 1990, 2015).

[7- Mucchielli, R. (1967) : voir supra, note 3.

[8- Denis Y. (2015), p. 51-52.

[9- Voir : Denis Y. (2015), p. 249-260

[10- Les commentaires des sujets cités (Christophe, Gaël, Béatrice) sont signalés par des guillemets et en italique.

[11- Mucchielli R. (1966). Introduction à la psychologie structurale, Bruxelles, éd. Charles Dessart.

[12- Mucchielli R. (1976). Le test du Village Imaginaire, Issy-les-Moulineaux, E.A.P. (p. 112-113).

[13- C’est R. Lumachellique qui souligne.

[14- Mucchiellli R. (1967), op.cit., p. 148 – c’est l’auteur qui souligne.

[15- Pour plus de détails, voir : Denis Y. (2015), p. 67-70.

[16- Chacun des « villages » commentés est représenté par deux schémas : le premier est le relevé-plan de la construction (voir : Y. Denis, 2015, p. 54-57) ; le second fait apparaître l’analyse formelle de la construction (analyse des structures) (ibid., p. 67-78). Rappelons que la localisation des différentes parties d’un « village » est indiquée selon les repères Bas (B), Haut (H), Gauche (G), Droite (D) et Centre (C). La localisation BC désigne le Bas-Centre ; HD, le Haut-Droite ; etc.

[17- Segalen J.J. (1971). Le test du Village en psychopathologie, thèse de doctorat ès Lettres, Paris.

[18- Orr M. (1958). Le test de Rorschach et l’imago maternelle, monographie, Paris, Groupement français du Rorschach.

[19- Comme en situation diagnostique, le psychothérapeute s’assoit du côté droit du plateau.

[20- Monod M. (1970). Manuel du test du Village (matériel Mabille). Technique projective non verbale. Recherche méthodologique sur les techniques de codification du test, Neuchâtel (Suisse), Delachaux & Niestlé.

[21- Après chaque construction de « village », le sujet est invité à commenter sa construction, et un entretien s’engage ainsi avec le thérapeute. Le sujet peut modifier sa construction s’il le souhaite.

[22- Sur la notion de « faux » dans le Village Itératif, voir : Y. Denis, 1988 ; 2015, p. 147.

[23- Rogers C. (1942). La relation d’aide et la psychothérapie, trad. fr., 19ème éd., Paris, E.S.F., 2015.

[24- Pour plus de détail, voir : Y. Denis, 2015, p. 115-119.


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