L’ESPACE PROJECTIF (1)

Essai de méthodologie clinique dite projective
mardi 6 février 2018
par  Claude Bouchard

Les épreuves projectives de dessin

L’Espace et le Temps sont deux dimensions essentielles de notre construction du monde et sont inhérents à toute expérience humaine. Ce sont aussi deux aspects de notre réalité particulièrement complexes et difficiles à étudier et à expliquer, notamment d’un point de vue psychologique.

En psychologie clinique, l’espace et le temps peuvent parfois faire l’objet d’une étude spécifique, soit au titre d’un essai de compréhension explicative, phénoménologique par exemple ou par méthode pathologique (neuropathologie, psychopathologie) ; soit au titre d’une investigation diagnostique lorsqu’on souhaite explorer et analyser les particularités subjectives de ces dimensions chez un individu donné ou dans le « fonctionnement » d’un couple ou d’un groupe. Mais l’espace et le temps peuvent être aussi des moyens, diversement utilisés, pour mobiliser et étudier d’autres aspects de la conduite ou du psychisme humain. Les méthodes de tests de personnalité dits projectifs sont assez typiques d’un tel usage, et peuvent aussi nous éclairer sur des phénomènes et des processus psychiques liés à l’Espace et au Temps considérés pour eux-mêmes.

Nous envisagerons d’abord comment et à quel titre les méthodes projectives utilisent l’espace comme moyen d’investigation et d’analyse psychologique. La distinction espace/temps est bien entendu schématique et assez artificielle puisque les deux dimensions sont toujours intimement liées, comme le fera d’ailleurs apparaître l’analyse qui va suivre. Admettons cependant cette schématisation, par commodité d’analyse. Nous reviendrons ultérieurement sur la question du Temps en clinique projective.

Mais nous nous interrogerons aussi sur la clinique à laquelle ces méthodes de tests donnent ainsi accès, en privilégiant une approche tant développementale (ou génétique) que psychopathologique.

L’espace projectif nous paraît en effet indissociable d’une production clinique au moins à considérer comme fréquemment spatialisée, sinon même comme productrice de spatialité, qui demande à être rationalisée comme telle.

Après une réflexion épistémologique large, illustrée par diverses méthodes projectives, nous développerons plus particulièrement l’exemple d’une épreuve projective de dessin : le dessin de famille.

ESPACE ET PROJECTIVITÉ

La métaphore spatiale en psychologie clinique

La psychologie clinique présente plus d’une affinité avec l’espace, qu’elle utilise fréquemment pour modéliser les processus dont elle tente de rendre compte.

Nombreuses sont les métaphores spatiales, par exemple, en psychanalyse. Outre le point de vue topique qui constitue l’un des quatre critères par lesquels Freud proposait de décrire le système intrapsychique et les processus qui l’animent (les autres critères étant les points de vue dynamique, économique et génétique), l’inventeur de la psychanalyse évoque souvent la notion d’espace psychique, voire de scène psychique pour parler par exemple du rêve ou du fantasme. Freud emploie aussi le mot allemand Agieren pour introduire la question de l’acte dans la cure psychanalytique (verbale), par emprunt au vocabulaire du théâtre (agieren = agir, mettre en acte au sens d’une action dramatique, théâtrale). La tradition psychanalytique depuis Freud reste fidèle à cet imaginaire théorique spatialisé (ex. : dans sa théorie du « passage à l’acte », Lacan reprend la notion de « scène de la relation thérapeutique » ou de la relation à l’autre tout court).

Autre exemple, la clinique systémique spatialise volontiers l’organisation supposée implicite (le système) des relations et des liens, extra- et intrapsychiques auxquels est rapporté un phénomène, considéré comme effet de cette organisation et de son fonctionnement propre. Appliquée à l’étude psychologique des conduites humaines, la systémique actualise et poursuit ce que la dynamique des groupes et l’étude des dynamiques familiales avaient depuis longtemps déjà exploré, et emprunte largement les méthodes graphiques initiées par la psychologie sociale avec les sociogrammes.

Il faut d’ailleurs remarquer ici que, plus une théorie psychologique se veut formelle ou structuraliste, plus elle aura tendance à privilégier l’espace comme analyseur et à minimiser la dimension temporelle. La psychanalyse structuraliste lacanienne, par exemple, tend à préférer la notion de temps logique à celle de temps chronologique ou historique, et minimise, dans le modèle freudien, la dimension dite génétique (développementale). De ce point de vue, la psychanalyse structuraliste de Jean Bergeret est plus fidèle à la métapsychologie freudienne, en prenant en compte la dimension génétique.

De même, la systémique n’a commencé à adopter des écritures d’analyse en « génogrammes » ou en « bandes chrono » qu’à partir du moment où des cliniciens ont souligné qu’un système humain ne pouvait être compris hors de sa dimension historique vécue (les liens qui constituent le système et sa pérennité sont aussi une production temporelle). Ceci jusqu’aux excès parfois d’une analyse dite « systémique » mais qui est en fait essentiellement basée sur une conception historique de la « transmission » ou de la « répétition » générationnelle, très éloignée de l’approche systémique proprement dite, principalement structurelle et dynamique.

Enfin, dernier exemple de l’affinité des approches cliniques en psychologie pour une explication spatiale : la psychologie projective.

Rappelons simplement que le mot projection a été introduit en psychanalyse par Freud, puis repris en clinique psychologique par les premiers « projectivistes » inspirés par la psychanalyse (Lawrence K. Frank aux États-Unis, Didier Anzieu en France), à la place de termes antérieurs comme interprétation (Rorschach appelle son test : « test d’interprétation de formes fortuites ») ou aperception (qui figure dans l’intitulé du TAT, la méthode de Murray et Morgan). Or, le mot « projection » est emprunté au vocabulaire de la physique, optique plus précisément. Il a servi, sous diverses formulations théoriques, à rendre compte d’un processus de réponse aux tests dits « projectifs » conçu :

-  soit comme un aller-et-retour associatif et plus ou moins défensif entre ce que suggère le stimulus au sujet testé et ce que celui-ci en restitue à travers sa réponse (théorie des engrammes chez Hermann Rorschach, théorie cognitive de Robert Holt reprise par Vica Shentoub au TAT et par Exner pour le Rorschach) ;

-  soit comme un investissement ex-pressif du sujet sur le stimulus (informel et/ou polysémique) pour pouvoir organiser celui-ci et lui donner sens (Murray, Anzieu, Mucchielli, etc.).

Mais dans tous les cas, c’est un mécanisme temporel autant que spatial qui est supposé être à l’œuvre dans la « projection », dont les connotations physiques d’extériorisation (pro-jeter = jeter, lancer en avant) ou de réflexion (au sens d’un reflet en miroir plus ou moins direct, plus ou moins fidèle) restent évidentes et prégnantes quelle que soit la théorie qui la soutient.

L’Espace apparaît donc comme un moyen, épistémologique et/ou méthodologique, pour la psychologie, d’expliquer parfois, ou au moins d’expliciter, les phénomènes qu’elle étudie – et particulièrement lorsqu’elle veut mettre en exergue des aspects formels, structurels ou dynamiques (interactifs, interactionnistes) pour rendre compte de ce qu’elle cherche à décrire ou à expliquer.

La méthode projective (Rappel) :

une prescription expérimentale médiatisée

Avant de détailler les méthodes projectives qui recourent plus spécialement à l’Espace, nous avons à rappeler que toute épreuve projective en psychologie est une prescription expérimentale médiatisée.

- C’est une prescription parce que nous allons essentiellement procéder par une consigne. Nous entendons par « consigne » une demande qui va être faite au sujet par le clinicien, pour amorcer une tâche (c’est la consigne au sens classique, expérimentaliste du terme : l’énoncé de « quelque chose à faire »), mais aussi, bien souvent, pour la développer (associations libres à partir des réponses, enquête après réponse, épreuve de choix, questionnaire sur la production fournie, propositions de modification ou de production nouvelle…). Plus implicitement, mais de façon tout aussi organisatrice de la situation projective, la consigne est aussi :

- matérielle (même dans les tests verbaux il existe bien un support de départ avec lequel le sujet doit composer) ;

- et relationnelle  : le clinicien se prescrit une attitude générale visant à instaurer la semi-directivité de communication et d’échange favorable à la situation projective, et à entretenir la vigilance qu’elle implique, aux effets de cadre, contextuels et « transférentiels ».

Soulignons que la consigne est bien une demande du clinicien plutôt qu’une offre comme on le présente le plus souvent. C’est en effet une réponse à une offre qui vient en fait et d’abord du sujet (ou d’un tiers au nom du sujet), sous la forme d’une difficulté exposée et qui fait souffrance. A cette souffrance avancée (mise en avant), et dans l’espace relationnel que va dans le même temps déployer cette annonce, le clinicien va répondre par... des questions, c’est-à-dire par des consignes à visée à la fois expressive (faire exprimer) et exploratoire (obtenir du matériel clinique à mettre au travail d’une compréhension et d’une interprétation). Qu’il s’agisse de relances dans un entretien ou de propositions de tests, le clinicien procède et progresse dans son travail en soumettant au sujet les questions que l’expression de celui-ci lui permet de se poser et qu’il va travailler pour transformer cette expression en problèmes et en problèmes possibles à traiter (Villerbu, 1993a, 1993b).

D’où la seconde notion, dite par l’adjectif expérimental ajouté à « prescription ».

- Classiquement, il est dit que le clinicien procède par allers-et-retours entre hypothèse et vérification (notion de diagnostic progressif), ce qui est reprendre une terminologie issue de la méthode expérimentale. On pourrait dire aussi que les consignes par lesquelles procède le clinicien ne sont que l’opérationnalisation de ses questions, mais que cette opérationnalisation n’est pas forcément directe (c’est ce que précise le troisième terme de notre définition « médiatisée »), ni linéaire dans sa progression.
Sans entrer ici dans le détail d’une analyse de la progression diagnostique, on pourrait retenir qu’elle opère généralement selon quelques schèmes typiques, qui constituent autant de conceptions différentes du diagnostic :

- le schème centraliste (ou nodal), qui présuppose un fondamental à trouver par une succession d’investigations allant du plus général au plus particulier, ou du plus « superficiel » au plus « profond » ;

Schème centraliste 1
Schème centraliste 2

- le schème globaliste, qui présuppose une totalité segmentable pouvant être explorée systématiquement, à l’image d’un gâteau découpé en parts ;

Schème globaliste

- le schème structuraliste, qui présuppose non un point nodal (ou focal) à atteindre ou une totalité à épuiser, mais la relativité d’une connaissance compréhensive résultant d’un recoupement partiel entre plusieurs effets de consignes. La fin de ce type de progression est une connaissance suffisante, c’est-à-dire juste utile pour comprendre l’ensemble de la situation-problème avancée et pour y apporter des perspectives de réponses.

Schème structuraliste

Pour notre part, nous tendons à définir la démarche diagnostique selon ce dernier schéma. Elle nous paraît en effet plus conforme au constat d’une hétérogénéité et d’une non-complémentarité des méthodes, y compris dans le champ des méthodes de tests dits projectifs ; et au principe d’un diagnostic progressif orienté par une nécessité d’efficience optimale pour la décision et l’action du clinicien, tel que l’argumentait déjà Daniel Lagache (1942, 1949) à propos du diagnostic psychologique, à l’encontre d’une illusion d’exhaustivité.

- Enfin, pour préciser le terme « médiatisé » de notre définition, disons simplement qu’il renvoie à une caractéristique particulièrement développée par les épreuves projectives. A savoir : que celles-ci permettent au clinicien d’opérationnaliser son questionnement de façon indirecte et de favoriser ainsi une investigation qui va pouvoir se faire au-delà du discours manifeste, grâce à l’effet de décalage et de digression apparente introduit par ce moyen entre le sujet et lui. La diversité des méthodes possibles permettra, de plus, au clinicien de varier ses questions, plus ou moins intégrées dans ces méthodes elles-mêmes, c’est-à-dire dans leurs consignes (hétérogénéité du champ des méthodes projectives, question du choix des tests par le clinicien selon la situation-problème travaillée et selon le cadre de l’acte psychologique entrepris).

Soulignons que nous n’employons pas ici l’adjectif « médiatisé » dans le sens fréquemment utilisé dans les pratiques psychologiques contemporaines dites médiatisées ou « à médiation ». Les méthodes projectives, en effet, n’ont jamais eu pour vocation première de faciliter la communication ou/et la relation entre le psychologue et le sujet. Elles ne sont pas non plus des accessoires ou des adjuvants au service d’une approche théorique qui leur serait, au sens propre, appliquée, et à la limite, quel que soit le test employé. Par médiation, dans le cas de la situation projective, nous entendons, au contraire, une mise à l’épreuve (expérimentation) du sujet par des consignes spécifiques (dites de « libre interprétation »), supposées solliciter sa singularité psychologique (personnalité), y compris mise à l’épreuve, qu’elle constitue aussi, de- et dans- la relation clinique au psychologue. Que la situation projective puisse faciliter cette relation constitue un effet et un bénéfice « de surcroît », mais de nature davantage thérapeutique que diagnostique. S’y limiter et s’en contenter représente, de ces tests, un sous-emploi et un usage détourné.

Analyse des paramètres de l’Espace en méthode projective

Comparaison dessin / Rorschach / Village

Partant de cette définition générale, que pouvons-nous dire de plus spécifique aux épreuves projectives utilisant l’Espace ?

Nous pouvons constater que ces épreuves prescrivent plus ou moins quatre dimensions majeures :

  • de la Trace
  • de la Forme
  • de la Figure
  • de la Scène.

1. Il s’agira de Trace lorsque nous serons attentifs à des effets de trait ou de geste.
De trait, bien sûr, dans les épreuves graphiques : force d’appui du tracé, taille (ou amplitude), fermeté (trait franc / trait hésitant), clarté (trait unique / trait multiple ou surchargé), forme (arrondie ou anguleuse), rythme (régularité dans les répétitions de traits identiques), vitesse d’exécution...

Dans les épreuves projectives graphiques, ces aspects suffisent rarement à eux seuls, mais sont toujours présents, inscrivant plus ou moins ces épreuves dans une démarche de type graphologique.

La consigne graphologique repose sur l’hypothèse générale d’une expressivité émotionnelle et/ou caractérologique du geste et de la trace éventuellement produite par ce geste.

Parmi les épreuves projectives de dessin, celle qui peut le mieux illustrer l’importance de la consigne graphologique est le test du gribouillage (Meurisse) ou le test du gribouillis (Corman). Mais il est remarquable que, à la différence de la graphologie proprement dite (analyse caractérologique de l’écriture) ou d’une méthode comme le test myokinétique (Myra y Lopez) parfois considéré comme une épreuve projective, le test du gribouillis ne repose pas uniquement ni principalement sur une consigne graphologique, puisqu’il repose aussi sur l’hypothèse d’une occupation singulière de la page où s’inscrit le gribouillis. Autrement dit, le test du gribouillis prescrit également de la Forme et pas seulement de la Trace [1] .

Dans l’épreuve de Rorschach et dans le test du Village, c’est davantage le geste qui pourra éventuellement être pris en compte.

Au Rorschach, c’est un aspect assez accessoire, puisque c’est un test d’abord verbal (il s’agit de dire, de dénommer un espace, et non de l’agir ou de le réaliser concrètement). Mais les cliniciens du Rorschach ont depuis longtemps noté que certains sujets manipulent les planches, ce qui est intéressant bien sûr pour repérer dans quelle orientation le sujet a « lu » la planche (qu’il a le droit de tourner dans le sens qu’il veut), mais d’autres manipulations ou comportements sont remarquables :

  • le sujet touche-t-il ou prend-t-il la planche en main ?
  • à quelle distance corporelle se situe-t-il de la planche (près / loin ) ?
  • quelle est la qualité de ses manipulations de la planche : rapide / lente ? systématique selon une certaine méthode ? dans quel rapport entre lui et le psychologue (ex. : planche tenue entre le sujet et le psychologue comme un écran qui sépare ou qui cache) ?
  • on peut aussi noter des réponses tactiles, généralement en lien avec des interprétations sensorielles (impressions de fourrure, de tissu soyeux, de matière granuleuse, etc.) ;
  • la posture et la mimique du sujet, qui accompagnent silencieusement la réponse verbale, peuvent être aussi considérées comme des formes du geste souvent évocatrices, intéressantes à retenir comme signe de ponctuation ou de nuance de la réponse verbale.

Cette dimension spatiale du « geste » n’est pas spécifique ni essentielle dans l’épreuve de Rorschach. En revanche, elle est plus nettement présente dans le test du Village.

Les premiers auteurs du Village ont même beaucoup insisté sur cet aspect de leurs méthodes, particulièrement Henri Arthus qui attachait une importance primordiale à l’action du sujet-constructeur, en déclarant clairement une méfiance à l’égard de la construction achevée, considérée par lui comme psychologiquement moins significative. Ses successeurs, Pierre Mabille et Roger Mucchielli ont conservé une attention au geste de construction, mais de façon plus accessoire, leurs méthodes respectives d’analyse et d’interprétation du Village privilégiant d’autres niveaux, comme on va le voir.

2. Nous travaillerons de la Forme lorsque nous chercherons à produire des effets de structuration spatiale, d’occupation et d’organisation de l’espace offert à « occuper » ou à définir.

Dans les épreuves de dessin, nous serons attentifs à l’organisation de la page de dessin, et d’orientation et de direction des tracés.

La plupart des épreuves projectives de dessin accordent une place importante à ces aspects formels, de façon plus constante même que pour les aspects graphologiques, qui restent souvent secondaires, voire complètement négligés dans bon nombre de ces épreuves. On pourrait parler ici d’une analyse topologique.

La consigne topologique s’appuie sur l’hypothèse que la façon dont un sujet investit un espace donné, lui est singulière ; ou si l’on préfère, sur l’hypothèse que l’étude de la façon dont un sujet s’approprie un espace (i.e. se rend propre à lui, se fait « propriétaire de- »), peut nous révéler des aspects de l’organisation de sa personnalité.

On retrouve l’approche topologique dans de nombreuses autres méthodes projectives et de diverses manières : dans les images à structurer perceptivement et verbalement (épreuves de type Rorschach, et dans une moindre mesure dans les épreuves de type TAT), dans les épreuves de construction (mosaïques, mondes, villages).

Pour les épreuves de dessin, certaines d’entre elles, en effet, favorisent plus particulièrement cette dimension, généralement en évitant tout effet de représentation graphique pour mieux insister sur les formes dessinées et leur élaboration par le sujet invité à les reproduire. Le test visuo-moteur de Bender et la copie d’une figure complexe de Rey (ou FCR) en sont certainement les meilleurs exemples. Comparativement, le test de Wartegg (ou WZT) est moins « purement » topologique, car il accorde aussi une large place à la Trace et à la Figure.

Dans le test de Rorschach, c’est l’attention au mode d’appréhension de la tache d’encre, à la succession de ce mode d’appréhension et aux déterminants (forme, kinesthésie, couleur, clair-obscur, estompage) qui va témoigner de cet intérêt du psychologue pour l’aspect topologique de l’Espace. Rappelons que pour Hermann Rorschach, c’était même là l’essentiel de son test (à partir d’un intérêt plus particulier pour la réponse de mouvement ou réponse de kinesthésie), et c’est là certainement son apport le plus original aux méthodes de tests d’interprétation de formes ambiguës.

D’autres auteurs ont souligné le positionnement des interprétations du sujet à la surface de la planche et la succession de ces positionnements. Par exemple, Marguerite Loosli-Usteri a fait remarquer qu’au test de Rorschach certaines réponses se situeront plutôt dans la zone axiale de la tache d’encre puis s’en éloigneront systématiquement chez certains sujets, soit successivement dans la même planche, soit d’une planche à une autre ; ou à l’inverse, les réponses pourront évoluer de la périphérie vers le centre, par exemple dans un accrochage secondaire à l’axe de la tache.

Dans le test du Village, la dimension topologique est également primordiale, notamment dans la méthode de Mucchielli complétée par Yvonne Denis. Celle-ci propose même de fonder l’essentiel de l’analyse interprétatif d’un « village » sur l’observation minutieuse du déroulement de la construction, qu’elle appelle aussi le « film » de la construction par référence à une remarque d’Arthus qui regrettait, en son temps, de ne pas pouvoir filmer la construction de Village en-train-de-se-faire. À cette différence près que Henri Arthus visait par là à « capter » du geste significatif, alors que Roger Mucchielli et Yvonne Denis recherchent davantage, dans le déroulement de la construction d’un « village », un équivalent du « mode d’appréhension » imaginé par Rorschach pour son test.

3. Troisième type de prescription présente dans les épreuves projectives utilisant une médiation-production spatiale – et là encore de façon variable –, la Figure.

Dans les épreuves graphiques, la Figure correspond au « motif » du dessin lorsque celui-ci représente quelque chose ou lorsque le sujet-dessinateur est invité à lui attribuer une signification après coup. Prescrire de la Figure, c’est toujours demander de dessiner (ou de désigner) un thème plus ou moins défini, mais toujours un thème [2] . Les consignes de dessins à thème signent typiquement la démarche figurative.

L’idée, en ce cas, est que la façon dont le sujet va représenter graphiquement un objet, traduit la façon dont il se représente et/ou ressent cet objet. C’est pourquoi on pourrait parler ici d’une analyse métaphorique, dans la mesure où l’on suppose que la représentation de la chose est évocatrice du rapport du sujet à cette chose. C’est pourquoi les thèmes les plus souvent utilisés dans les épreuves projectives de dessin sont des thèmes fortement symboliques, supposés suggestifs de dimensions essentielles de la personnalité du sujet testé.

Parmi les épreuves projectives de dessin, la figure humaine (la Personne), l’Arbre et la Maison sont les thèmes les plus couramment employés, soit séparément (dans le test du dessin d’une Personne, celui du dessin d’un Arbre, et celui du dessin d’une Maison), soit de façon combinée (comme dans le test House-Tree-Person ou HTP de Buck, ou l’ « épreuve de dessins multiples » de Nguyen Kim Chi, mais aussi dans des épreuves à thème composé comme la Dame de Fay ou encore le D 10 de Le Men où ces thèmes figurent parmi les dix imposés). Plus rarement, il existe des épreuves qui combinent consigne topologique et consigne figurative, comme le TEF (Trajets et Espaces Fantasmiques) de Loïck M. Villerbu.

Dans le test de Rorschach, la Figure correspond principalement au « contenu » des réponses, les deux contenus les plus fréquemment observés étant le contenu « humain » (réponse H) et le contenu « animal » (réponse A), ce qui rejoint et confirme les thèmes choisis par la plupart des épreuves de dessin. Il faut cependant souligner que Rorschach ne considérait pas le contenu des réponses à son test comme l’essentiel de sa méthode (à la différence d’autres auteurs qui ont utilisé les taches d’encre pour une interprétation plus symbolique, parfois quasiment à l’instar des pratiques divinatoires recourant à des taches). Il préconise clairement et fermement d’interpréter non les contenus eux-mêmes mais leur proportion, c’est-à-dire le H % (pourcentage des réponses « humaines ») et le A % (pour les réponses « animales »), et leur relation avec les autres types de contenu, dans une logique d’interprétation analogue, au fond, à celle qui traite de la localisation en une formule de « mode d’appréhension » et non en une métrique des localisations. Même si, avec des auteurs contemporains, on peut parfois mettre l’accent sur l’aspect métaphorique de certains contenus au Rorschach, il est essentiel de garder en vue que c’est plus la structure du contenu qui nous importe dans l’analyse interprétative que sa symbolique éventuelle – a fortiori s’il s’agit d’une symbolique présupposée comme le font les auteurs attribuant un « contenu latent » (C. Chabert) aux planches de Rorschach.

Pour le Village, l’effet métaphorique est particulièrement séduisant et franchement utilisé dans les « questionnaires » qui sont proposés au sujet après la construction dans les méthodes de Mabille et de Mucchielli. Yvonne Denis va jusqu’à parler d’une « langue-Village » pour désigner le détour métaphorique particulièrement puissant et évocateur que cette méthode permet, à la fois par la chose construite et par la façon dont on peut en parler, en poursuivant par un imaginaire verbalisé l’imaginaire construit sous la forme d’une petite cité (le « village »). Il apparaît cependant que, malgré sa haute « rentabilité » de digression projective, cet aspect métaphorique est surtout intéressant par confrontation avec l’aspect topologique (i.e. dynamique et formel) de la construction (relation entre le « faire » et le « dire » ou le « représenter »). C’est pourquoi, et comme pour le Rorschach, on ne prendra en compte la Figure (le « contenu ») au Village que dans une mise en relation permanente de ce contenu avec la façon dont il a été élaboré dans le déroulement de la construction et éventuellement dans un certain geste de construction.

4. Parfois, le thème prescrit consistera en une combinaison de choses à figurer ensemble dans une composition unique. Nous serons alors dans de la Scène.

Ce quatrième type de consigne – comme celle de la Forme – n’est pas propre aux épreuves projectives de dessin, puisqu’on le trouve, par exemple, dans les épreuves thématiques ou aussi, d’une autre manière, dans les épreuves de construction à thème (mondes, villages, Scéno-test). Dans les épreuves graphiques, les meilleurs exemples de la consigne scénique sont le dessin de famille, le D 10 (ou « test du dessin d’un paysage ») de Jean Le Men, et l’A.T. 9 (Anthropologique Test à 9 éléments) d’Yves Durand.

La démarche scénographique (il s’agit, en effet, du dessin ou de la graphie d’une scène) repose sur une idée assez voisine de celle qui caractérise la démarche figurative, puisqu’elle suppose que la façon dont le sujet organise la scène (mise en scène) et va la mettre en action (mise en drame, généralement grâce à un effet prescrit de narration parlée et/ou dessinée), va traduire son univers psychologique et la « dramaturgie » de cet univers.

Comparativement à d’autres méthodes projectives plus ou moins basées sur de la Scène, le dessin de famille, par exemple, présente quelques ressemblances avec les épreuves thématiques, qui laissent au sujet la possibilité de construire la scène à figurer, comme dans le MAPS, le Scéno-test ou le FAST (Family System Test). Il se rapproche également de la sculpture familiale [3] (méthode d’intervention en thérapie familiale), que l’on pourrait considérer comme une sorte de dessin de famille « grandeur nature ».

Dans l’épreuve de Rorschach, il n’est pas demandé, en principe, de scènes. Du coup, lorsque cela se produit, on peut relever que le sujet utilise la consigne de façon particulière et peut-être symptomatique. Il s’agira alors soit de réponses peu dramatisées (peu actives) mais qui composent comme un « tableau » figurant le moment d’une action ; soit, de façon plus franchement animée, de réponses racontant une scène active voire une histoire, ou reliant plusieurs planches par une succession dramatique plus ou moins claire. On a ainsi des réponses (assez rares) qui montrent une référence plus ou moins systématique au temps pour organiser l’espace et lui donner sens, comme si la « chose » vue ne pouvait l’être qu’à la condition de « faire histoire » ou au moins de la situer dans / par un lien temporel.

Dans le test du Village, l’aspect figuratif du matériel de construction et le thème du Village donné comme consigne font que bon nombre de sujets introduisent dans leur « village » des actions, voire une action, qui mobilise(nt) la cité ou le paysage représenté. Mucchielli a nommé ce type de réponses les « villages dramatisés ». Les questions ou les relances proposées par le psychologue après la construction (questionnaire, entretien) favorisent plus ou moins cet investissement « dramatique », notamment dans la méthode de Mireille Monod à partir du Village de Mabille (consignes d’une « maison noire », d’un « incendie », d’une « attaque du village »). Mais là encore, comme pour l’aspect figuratif du « village », plusieurs cliniciens ont rappelé que le Village n’était pas une épreuve « thématique » (assimilable par exemple au MAPS de Shneidman ou au Scéno-test de Von Staabs), et que l’essentiel de cette méthode est bien de soumettre le sujet à une épreuve de structuration spatiale.

5. En résumé, nous constatons que les épreuves projectives utilisant l’Espace procèdent généralement par quatre types de consignes, que nous avons appelées : Trace, Forme, Figure et Scène.

Nous pouvons à présent mieux répondre à notre interrogation de départ : que faisons-nous lorsque nous utilisons une épreuve projective usant d’une consigne spatiale ? que prescrivons-nous en donnant la consigne d’une épreuve projective de dessin, ou du test de Rorschach, ou celle du Village ?

La dimension Trace fait apparaître qu’en demandant à un sujet de répondre à ces épreuves, nous interpellons, à travers le geste qui trace ou qui construit, du CORPS, ou plutôt de la corporéité, c’est-à-dire une façon d’investir et d’exprimer son propre corps (image du corps).

La dimension Forme renvoie au fait que, par ces épreuves, nous sollicitons de l’ESPACE, ou plutôt de la spatialité, dans la mesure où il s’agit d’un espace subjectivé, c’est-à-dire d’un « habiter ».

La dimension Figure fait ressortir que les pratiques projectives de dessin sont une façon de travailler de l’IMAGE, c’est-à-dire de la symbolisation.

Enfin, la dimension Scène répond à un usage projectif qui va typiquement prescrire et travailler de l’HISTOIRE, que celle-ci soit de type sociologique (dans le dessin de famille et le D 10 de J. Le Men) ou de type mythologique (dans l’AT 9 ou « Anthropologique Test à 9 éléments » d’Yves Durand). On pourrait renvoyer ce quatrième aspect à une capacité d’historicité, entendue comme espace-temps analysé en lieu et en événement.

  • Trace = CORPS (ou Corporéité)
  • Forme = ESPACE (ou Spatialité)
  • Figure = IMAGE (ou Symbolisation)
  • Scène = HISTOIRE (ou Historicité)

6. Trois remarques encore pour clore cette analyse générale des épreuves projectives de dessin.

- La première reprend et rappelle le constat déjà formulé que la plupart de ces épreuves associent en fait plusieurs types de consignes, mais selon des combinaisons variées (Trace-Forme, Forme-Figure, Forme-Figure-Scène, etc.) et selon des proportions variées (par ex., la dimension Trace est prise en compte dans le test de Bender, de façon cependant moins prégnante que la dimension Forme, plus essentielle dans cette épreuve).

- La seconde remarque est pour constater la forte polarisation de certaines épreuves graphiques basées à l’origine sur de la Trace et/ou sur de la Forme, vers la dimension Figure. C’est par exemple le cas de la FCR dans l’utilisation qu’en préconise Cl. Mesmin lorsqu’elle propose au sujet de dire ce que pourrait représenter la figure complexe de départ et qu’elle explore ainsi le « schème familier facilitateur » qui a pu éventuellement guider la copie de la figure par le sujet (on pourrait ici parler de la recherche d’une auto-prescription thématique par le sujet). Ou bien encore on peut assister au développement de certaines épreuves de type figuratif vers une consigne de type Scène, généralement au moyen d’un questionnaire, comme c’est le cas dans l’utilisation du dessin de l’Arbre dans le HTP par exemple.

- Notre troisième et dernière remarque est que les quatre modalités de consigne projective que nous venons de repérer à l’œuvre dans les épreuves de dessin, font l’objet d’un travail interprétatif qui fonctionne selon deux logiques différentes :

  • tantôt l’interprétation sera basée sur le principe d’une homologie formelle, c’est-à-dire que l’on transposera les caractéristiques du dessin en traits de caractère ou de personnalité attribuables au dessinateur, ou en signes d’un état émotionnel actuel chez celui-ci. Les épreuves de type graphologique et/ou topologique ont souvent été interprétées de cette façon, parfois par l’intermédiaire d’une symbolique du tracé ou de la forme (par ex. un dessin anguleux interprété comme un signe d’agressivité ou de rigidité, ou un dessin n’occupant qu’une partie limitée de la page interprétée comme un signe de repli ou de restriction). Mais on peut reconnaître cette même démarche par exemple dans l’interprétation des épreuves de dessin à thème ou à scène (par ex. : personnage représenté avec de petits yeux = inhibition à voir ou défiance).
  • tantôt l’interprétation sera basée non sur une analogie formelle mais sur l’idée que le dessin produit est la résultante d’une dynamique psychique interne non directement observable et donc à reconstruire. Pour ce faire, on prendra en compte dans l’analyse interprétative, par exemple le déroulement du dessin et ses avatars successifs (séquence d’exécution) [4] ; ou bien encore les rapports tensionnels qu’organise le dessin entre deux points de l’espace ou entre deux parties différentes du dessin (cf. par ex. les critères d’analyse du dessin de famille préconisés par Corman, et qui obligent constamment le clinicien à prendre en compte des effets de contraste entre les personnages dessinés pour repérer de la valorisation-dévalorisation par exemple ou d’autres effets de « défense du Moi »). On aura reconnu, bien sûr, les principes d’une interprétation psychodynamique (et non plus psycho-morphologique comme dans le premier mode d’interprétation).

Dans la pratique, nous combinons généralement ces deux modalités interprétatives, en proportions variables.

Après cette première approche des méthodes projectives référées à l’Espace, particulièrement les épreuves projectives de dessin, notre réflexion se développera à propos de l’une d’entre elles, à titre d’illustration : le test du dessin de famille.

(Lien futur pointant vers le chapitre (à venir) « L’Espace projectif – 2 »)

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[1En réalité il en est de même pour la graphologie, dont certains courants ont proposé de compléter l’approche strictement graphologique par une prise en compte, par exemple, des orientations et des directions du tracé (méthode de Max Pulver).

[2Nous employons ici le vocable « thème » dans son sens commun de « contenu » de représentation, et non dans le sens formel, structural, de Murray et Morgan pour le TAT.

[3Méthode utilisée par certains thérapeutes familiaux, qui consiste à demander à la famille de représenter sous la forme d’une scène jouée, mimée mais statique comme un groupe de statues, les relations et les liens affectifs unissant les membres de la famille.

[4Dans le sens d’une telle interprétation, la consigne compliquera parfois la tâche du dessinateur par l’interdiction d’utiliser une gomme, ce qui sera une façon de conflictualiser sensiblement cette tâche. L’implicite de la consigne matérielle de non-usage d’une gomme est en effet : pas de retour possible sur les « erreurs » éventuelles, autrement que par une surcharge ou une modification du dessin, par exemple quant à la forme ou la chose représentée ; dessiner sans pouvoir faire totalement dis-paraître ce qui a été tracé ou figuré ; composer avec « l’erreur », plus ou moins acceptée comme telle, masquée, ou rattrapée.


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